Pourquoi ça arrive ? Comprendre la physiologie tendineuse
Le tendon d'Achille, structure la plus robuste du corps humain, unit les muscles gastrocnémiens (jumeaux) et soléaire au calcanéum (os du talon). Sa fonction : transmettre la force musculaire pour propulser le corps vers l'avant lors de la marche et de la course. Lors d'une foulée de course, ce tendon supporte des forces de traction atteignant 6 à 8 fois le poids du corps, accumulant une énergie élastique considérable restituée lors de la propulsion. Cette capacité de stockage-restitution d'énergie rend la course économique, mais expose le tendon à des contraintes mécaniques extrêmes.
Au niveau microscopique, le tendon se compose de fibres de collagène de type I organisées en faisceaux parallèles, entourés d'une matrice extracellulaire riche en protéoglycanes et en eau. Les ténocytes, cellules résidentes du tendon, maintiennent cet équilibre structurel en synthétisant et dégradant continuellement le collagène. Lorsque la charge mécanique appliquée au tendon dépasse sa capacité d'adaptation, les ténocytes entrent en "mode de réparation" : ils augmentent la production de matrice, modifient l'expression génique, et recrutent des cellules inflammatoires. Ce processus, initialement adaptatif, devient pathologique si la surcharge persiste.
Le modèle du continuum pathologique de Cook et Purdam propose une vision dynamique de cette évolution. Le stade 1, tendinopathie réactive, survient après une augmentation soudaine de charge (reprise de course après arrêt, augmentation brutale du kilométrage, changement de chaussures). Le tendon gonfle par augmentation du contenu en eau et en protéoglycanes (réaction de "protection" réduisant le stress par unité de surface), mais la structure collagénique reste intacte. À ce stade, la pathologie est réversible par réduction de charge.
Le stade 2, dysréparation tendineuse, apparaît lorsque la surcharge se prolonge. Les ténocytes tentent de réparer le tendon, mais produisent un collagène désorganisé, avec augmentation de collagène de type III (moins résistant), néovascularisation (formation de nouveaux vaisseaux sanguins accompagnés de nerfs sensoriels expliquant la douleur), et zones de dégénérescence focale. La structure devient hétérogène, visible à l'échographie comme des zones hypoéchogènes (sombres). Ce stade est partiellement réversible.
Le stade 3, tendinopathie dégénérative, résulte d'années de surcharge chronique. Le tendon présente des zones étendues de dégénérescence avec mort cellulaire, désorganisation collagénique majeure, calcifications, et perte de propriétés mécaniques. Ce stade est irréversible structurellement, mais la fonction peut être améliorée par renforcement des zones saines et adaptation biomécanique.
Ce que dit la science : les preuves récentes
Le modèle du continuum : implications cliniques
L'article fondateur de Cook et Purdam publié en 2009 dans le British Journal of Sports Medicine (1608 citations) a révolutionné la compréhension des tendinopathies. Leur modèle propose que le traitement doit être adapté au stade du continuum. Pour une tendinopathie réactive (douleur récente, tendon gonflé uniformément), la réduction de charge et l'évitement des compressions tendineuses (étirements statiques, massages profonds) sont prioritaires. Pour une dysréparation ou dégénérescence, le renforcement progressif par exercices de charge devient essentiel pour stimuler la réorganisation du collagène et améliorer les propriétés mécaniques.
La révision de 2016 dans le même journal (624 citations) a précisé que le continuum n'est pas strictement unidirectionnel : un tendon dégénératif peut présenter des zones réactives lors d'une surcharge aiguë. Cette compréhension explique pourquoi un coureur avec tendinopathie chronique peut connaître des exacerbations après une sortie longue : la surcharge aiguë déclenche une réaction dans les zones dégénératives. Le traitement doit alors combiner gestion de la réaction aiguë (repos relatif, glace) et renforcement à long terme.
Protocole Alfredson : efficacité des exercices excentriques
Le protocole Alfredson, développé par le chirurgien suédois Hakan Alfredson en 1998, constitue le traitement conservateur de référence pour la tendinopathie d'Achille de portion moyenne. Une étude de 2014 publiée dans JOSPT par Stevens et Tan a comparé le protocole Alfredson complet (2 exercices × 3 séries × 15 répétitions × 2 fois par jour = 180 répétitions quotidiennes) à un protocole à volume réduit (même exercices mais 1 fois par jour = 90 répétitions). Résultat : les deux groupes ont montré des améliorations significatives et comparables de la douleur et de la fonction après 12 semaines, suggérant que le volume peut être ajusté selon la tolérance du patient sans compromettre l'efficacité.
Une étude randomisée contrôlée de 2021 publiée dans l'Orthopaedic Journal of Sports Medicine par Habets et collaborateurs a comparé le protocole Alfredson (excentrique isolé) au protocole Silbernagel (combinant concentrique et excentrique, plus fonctionnel). Après 12 mois, les deux groupes ont montré des améliorations similaires, sans différence significative. Ces données suggèrent que le stimulus de charge progressif importe plus que la modalité spécifique (excentrique vs concentrique-excentrique). Le choix peut donc être guidé par la préférence du patient et la tolérance.
Gestion de charge : principe de douleur acceptable
Une étude de 2015 publiée dans JOSPT par Silbernagel et Crossley a proposé un programme de retour à la course pour les tendinopathies d'Achille basé sur le principe de "douleur acceptable". Les auteurs recommandent d'autoriser une douleur jusqu'à 3/10 sur l'échelle numérique pendant l'activité, à condition qu'elle ne s'aggrave pas pendant l'exercice et qu'elle disparaisse dans les 24 heures. Cette approche, validée par des études de cohorte, permet de maintenir un stimulus de charge suffisant pour la réparation tendineuse tout en évitant l'aggravation. À l'inverse, l'évitement complet de toute douleur conduit souvent à un déconditionnement excessif et retarde le retour au sport.
Une étude de 2022 publiée dans le Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports par Corrigan et collaborateurs a mesuré les charges tendineuses chez des coureurs avec tendinopathie d'Achille pendant le retour au sport. Les résultats montrent que les charges tendineuses ne diffèrent pas significativement entre le côté symptomatique et le côté sain lors de la course à vitesse confortable, suggérant que la douleur ne reflète pas nécessairement une surcharge mécanique. Ces données renforcent le concept de "douleur acceptable" : une douleur modérée peut être tolérée si elle ne s'aggrave pas et si la biomécanique reste normale.
Timeline de récupération et retour au sport
Une revue systématique de 2020 publiée dans Physical Medicine and Rehabilitation Clinics of North America par Silbernagel et collaborateurs conclut que la résolution complète des symptômes et le retour au sport après tendinopathie d'Achille nécessitent entre 6 semaines et 1 an, selon la sévérité et la chronicité. Les tendinopathies réactives récentes (<6 semaines) répondent généralement en 6-12 semaines. Les tendinopathies chroniques (>3 mois) nécessitent souvent 4-6 mois de rééducation. Les tendinopathies dégénératives sévères peuvent nécessiter jusqu'à 1 an, avec parfois une résolution incomplète nécessitant des adaptations permanentes (réduction du volume de course, chaussures avec drop élevé).
Auto-traitement safe : ce que vous pouvez faire seul
Évaluation initiale de la sévérité : Testez votre douleur lors du single-leg heel raise (élévation sur pointe de pied en appui unipodal). Si vous pouvez effectuer 25 répétitions avec douleur <5/10, votre tendinopathie est légère à modérée (bon pronostic). Si vous ne pouvez pas effectuer 10 répétitions ou si la douleur dépasse 7/10, votre tendinopathie est sévère (nécessite supervision professionnelle).
Protocole Alfredson modifié (pour tendinopathie de portion moyenne) :
Exercice 1 : Heel drop excentrique genou tendu (cible gastrocnémiens)
- Debout sur une marche, avant-pieds sur la marche, talons dans le vide
- Montez sur les pointes des deux pieds (phase concentrique)
- Transférez le poids sur la jambe symptomatique uniquement
- Descendez lentement le talon sous le niveau de la marche en 3-4 secondes (phase excentrique)
- Remontez avec les deux pieds
- 3 séries de 15 répétitions, 1-2 fois par jour
Exercice 2 : Heel drop excentrique genou fléchi (cible soléaire)
- Même position, mais avec genou légèrement fléchi (20-30°)
- Même protocole : montée sur deux pieds, descente sur un pied
- 3 séries de 15 répétitions, 1-2 fois par jour
Progression de la charge :
- Semaine 1-2 : Poids du corps uniquement
- Semaine 3-4 : Ajoutez un sac à dos avec 5-10 kg
- Semaine 5-6 : Augmentez progressivement jusqu'à 15-20 kg
- Semaine 7+ : Maintenez la charge maximale tolérée
Règle de douleur : La douleur pendant l'exercice peut atteindre 5/10 (protocole Alfredson original préconise de travailler "dans la douleur"), mais elle doit diminuer au fil des répétitions et disparaître dans les 24 heures. Si la douleur augmente pendant l'exercice ou persiste >24h, réduisez la charge ou le volume.
Gestion de la course :
Phase 1 : Repos relatif (2-4 semaines si tendinopathie aiguë)
- Arrêtez la course si douleur >5/10 pendant ou après
- Maintenez le conditionnement cardiovasculaire : vélo, natation, elliptique
- Débutez le protocole Alfredson immédiatement
Phase 2 : Réintroduction progressive (semaines 4-8)
- Commencez par course/marche alternée : 1 min course / 1 min marche, 20 minutes, 3 fois par semaine
- Augmentez le ratio course/marche chaque semaine : 2/1, 3/1, 5/1, course continue
- Respectez la règle de douleur ≤3/10 pendant et après
- Continuez le protocole Alfredson les jours sans course
Phase 3 : Augmentation du volume (semaines 8-16)
- Augmentez la durée de 10% par semaine maximum
- Privilégiez les surfaces souples (terre, herbe) vs bitume
- Évitez les côtes raides et les sprints
- Maintenez 2-3 séances de renforcement par semaine
Modifications biomécaniques :
- Chaussures avec drop élevé (10-12 mm) : réduit l'étirement du tendon
- Augmentation légère de la cadence (5-10% plus de pas par minute) : réduit la charge tendineuse
- Évitez les étirements statiques du triceps sural : compression tendineuse contre le calcanéum
- Privilégiez les étirements dynamiques et la mobilisation articulaire
Au cabinet : notre approche chez Physiofit974
Lorsqu'un coureur consulte pour une tendinopathie d'Achille, notre prise en charge suit une démarche structurée.
Bilan initial complet : Nous évaluons d'abord votre historique d'entraînement (augmentation récente du volume, changement de chaussures, terrain, intensité), vos antécédents de blessures, et votre niveau d'activité. L'examen clinique comprend la palpation du tendon (localisation précise de la douleur : portion moyenne vs insertionnelle, unilatérale vs diffuse), l'évaluation de l'épaisseur tendineuse (comparaison avec le côté sain), des tests fonctionnels (single-leg heel raise pour nombre de répétitions et douleur, hop test), et une analyse de la mobilité de cheville (restriction de dorsiflexion fréquente). Nous classons votre tendinopathie selon le continuum (réactive, dysréparation, dégénérative) pour guider le traitement.
Échographie diagnostique (si disponible) : L'échographie permet de visualiser la structure tendineuse : épaississement, zones hypoéchogènes (désorganisation), néovascularisation (Doppler), calcifications. Ces informations affinent le pronostic et guident les attentes : un tendon uniformément épaissi (réactif) a un meilleur pronostic qu'un tendon avec zones dégénératives étendues. Cependant, l'imagerie n'est pas systématiquement nécessaire : le diagnostic est clinique.
Programme de renforcement progressif personnalisé : Selon votre stade, nous adaptons le protocole. Pour une tendinopathie réactive aiguë, nous débutons par des exercices isométriques (contraction sans mouvement, effet analgésique immédiat) pendant 1-2 semaines avant d'introduire les excentriques. Pour une dysréparation ou dégénérescence, nous débutons directement le protocole Alfredson, en ajustant le volume selon votre tolérance. Nous intégrons également du renforcement global du membre inférieur (quadriceps, fessiers, stabilisateurs de hanche) pour corriger les déficits biomécaniques contributifs.
Thérapie manuelle et techniques adjuvantes : Nous utilisons des mobilisations de la cheville pour restaurer la dorsiflexion (restriction fréquente et facteur aggravant), des techniques myofasciales sur le triceps sural pour réduire les tensions excessives, et des mobilisations du tendon (friction transversale douce, mobilisation longitudinale) pour stimuler la réorganisation du collagène. Nous évitons les techniques agressives (friction profonde douloureuse, massage intense) qui peuvent aggraver la réaction tendineuse.
Programme de retour à la course structuré : Nous vous fournissons un plan de retour à la course sur 8-16 semaines, avec progressions hebdomadaires précises (durée, fréquence, intensité). Nous vous enseignons le monitoring de la douleur (échelle 0-10, questionnaire VISA-A validé pour tendinopathie d'Achille) et les critères d'ajustement (si douleur >3/10 ou persistante >24h, réduire de 20-30% le volume de la semaine suivante). Nous réévaluons toutes les 3-4 semaines pour ajuster le plan selon votre progression.
Analyse biomécanique de la course : Si disponible, nous analysons votre foulée (vidéo, tapis de course) pour identifier les facteurs contributifs : attaque talon excessive, sur-pronation, cadence basse, flexion de genou insuffisante. Nous proposons des corrections techniques et, si nécessaire, orientons vers un podologue du sport pour évaluation de semelles orthopédiques (indiquées si troubles statiques ou dynamiques du pied).
Spécificités du contexte réunionnais : À La Réunion, les coureurs de trail sont particulièrement exposés aux tendinopathies d'Achille en raison des dénivelés importants. Les descentes raides (Maïdo, Piton des Neiges) imposent des contractions excentriques répétées du triceps sural, surchargeant le tendon. Nous intégrons dans votre rééducation des exercices spécifiques de descente contrôlée et des stratégies d'adaptation (bâtons de trail pour réduire la charge, technique de descente en zigzag).
Quand consulter ? Les signaux d'alerte
Certains signes nécessitent une consultation rapide :
Douleur soudaine et intense : Une douleur brutale "comme un coup de fouet" dans le mollet ou le talon, accompagnée d'une impossibilité de se mettre sur pointe de pied, suggère une rupture du tendon d'Achille (urgence chirurgicale). Consultez immédiatement.
Gonflement important et rougeur : Un œdème marqué avec rougeur et chaleur locale peut indiquer une bursite rétro-calcanéenne (inflammation de la bourse entre le tendon et le calcanéum) ou, plus rarement, une infection. Consultez rapidement.
Absence d'amélioration après 6-8 semaines : Si malgré le protocole Alfredson bien exécuté et la gestion de charge, votre douleur ne diminue pas après 6-8 semaines, consultez pour réévaluation. Vous pourriez nécessiter une échographie, une modification du protocole, ou des traitements adjuvants (ondes de choc, PRP).
Douleur matinale sévère : Une douleur très intense lors des premiers pas le matin, nécessitant 10-15 minutes de "dérouillage", peut indiquer une tendinopathie insertionnelle avec composante inflammatoire nécessitant une prise en charge spécifique.
Douleur chez un adolescent : Chez un jeune de 10-15 ans, une douleur au talon évoque plutôt une maladie de Sever (apophysite calcanéenne) qu'une tendinopathie d'Achille. Le traitement diffère : consultez un professionnel spécialisé en pédiatrie.
Douleur bilatérale et symétrique : Une tendinopathie touchant les deux tendons d'Achille simultanément et symétriquement peut révéler une pathologie systémique (spondylarthrite, hypercholestérolémie familiale avec xanthomes tendineux). Consultez pour bilan médical.
FAQ : vos questions fréquentes
Q : Dois-je arrêter complètement la course si j'ai une tendinopathie d'Achille ?
R : Pas nécessairement. Si votre douleur reste ≤3/10 pendant et après la course, et qu'elle ne s'aggrave pas au fil des sorties, vous pouvez continuer à courir en réduisant le volume de 30-50%. En revanche, si la douleur dépasse 5/10, s'aggrave pendant la course, ou persiste >24 heures, un arrêt temporaire (2-4 semaines) est préférable. Utilisez cette période pour débuter le protocole Alfredson et maintenir votre condition cardiovasculaire par des activités alternatives (vélo, natation).
Q : Les étirements du mollet sont-ils bons ou mauvais pour la tendinopathie d'Achille ?
R : Les étirements statiques prolongés (maintien >30 secondes) sont généralement déconseillés en phase aiguë car ils compressent le tendon contre le calcanéum, aggravant potentiellement l'inflammation. Privilégiez les étirements dynamiques doux (mouvements de flexion-extension de cheville sans maintien) et la mobilisation articulaire. Une fois la phase aiguë passée (après 4-6 semaines), des étirements modérés peuvent être réintroduits si une raideur du triceps sural persiste. Écoutez votre corps : si l'étirement aggrave la douleur, arrêtez.
Q : Les semelles orthopédiques ou les talonnettes peuvent-elles aider ?
R : Les talonnettes (élévation du talon de 10-15 mm) peuvent réduire temporairement la tension sur le tendon d'Achille en diminuant l'étirement lors de la marche. Elles sont utiles en phase aiguë (2-4 semaines) pour soulager la douleur, mais ne doivent pas être utilisées à long terme car elles favorisent le raccourcissement du triceps sural. Les semelles orthopédiques sur-mesure sont indiquées si vous présentez des troubles biomécaniques du pied (hyperpronation, pied plat) contribuant à la surcharge tendineuse. Consultez un podologue du sport pour évaluation.
Q : Combien de temps dois-je continuer le protocole Alfredson ?
R : Le protocole Alfredson doit être poursuivi pendant au moins 12 semaines, même si la douleur disparaît avant. La réorganisation structurelle du tendon nécessite 3-6 mois, bien que les symptômes s'améliorent souvent après 6-8 semaines. Après 12 semaines, si vous êtes asymptomatique, vous pouvez réduire la fréquence à 3 fois par semaine en maintenance pendant 3-6 mois supplémentaires. Beaucoup de coureurs intègrent ces exercices à vie dans leur routine d'échauffement ou de renforcement pour prévenir les récidives.
Q : Puis-je combiner le protocole Alfredson avec d'autres traitements (ondes de choc, PRP, acupuncture) ?
R : Oui, mais le protocole Alfredson doit rester le pilier du traitement. Les ondes de choc extracorporelles (ESWT) ont montré une efficacité modérée dans certaines études pour les tendinopathies chroniques résistant au traitement conservateur (après 6 mois d'échec). Le PRP (plasma riche en plaquettes) présente des résultats contradictoires dans la littérature, avec des études récentes ne montrant pas de supériorité vs placebo. L'acupuncture peut offrir un soulagement symptomatique temporaire mais ne modifie pas la structure tendineuse. Aucun de ces traitements ne remplace le renforcement progressif.
Q : Que faire si la tendinopathie ne guérit pas après 1 an de traitement conservateur ?
R : Les tendinopathies d'Achille réfractaires (10-15% des cas) nécessitent une réévaluation approfondie. Assurez-vous d'abord que le protocole de renforcement a été correctement appliqué (charge suffisante, volume adéquat, durée de 6+ mois). Si oui, une IRM peut identifier des pathologies associées (bursite, déchirure partielle, corps étranger). Les options thérapeutiques avancées incluent : injections de plasma riche en plaquettes guidées par échographie, débridement chirurgical (retrait des zones dégénératives), ou chirurgie de transfert tendineux (cas extrêmes). La chirurgie est réservée aux échecs après 12 mois de traitement conservateur optimal.
Bibliographie
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À propos de l'auteur
Geoffrey Bailly est kinésithérapeute du sport diplômé, spécialisé en analyse de course et rééducation des pathologies du coureur. Traileur passionné, il accompagne les sportifs réunionnais dans leur préparation aux courses emblématiques de l'île (Grand Raid, Diagonale des Fous, Trail de Bourbon). Il exerce au cabinet Physiofit974 à Saint-Gilles-les-Bains.
